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Sports d'hiver à Arêches-Beaufort en savoie.

Cet hiver, nous avons décidé d'aller en vacances en France, en Savoie.
Nous avons 10 jours devant nous, de quoi bien en profiter!
A un mois des vacances de février, pas facile de trouver une station de sports d'hiver qui ne soit pas complètement défigurée par les idées plates des promotteurs immobiliers et qui ne coûte pas les yeux de la tête !

Nous nous retrouverons donc à Arêches, petit village Beaufortain.
Simon a pratiqué le ski pendant 8 ans mais il n'en a pas fait depuis 10 ans. Il reprendra des cours de niveau 2, histoire de se remettre dans le bain.
Virginie est allée en classe de neige lorsqu'elle avait 9 ans mais elle ne s'en souvient plus. Elle prendra des cours pour débutants.
Voici leur carnet de voyage aux sports d'hiver...

Dimanche 4 mars 2007


Arêches.

Ce matin, le soleil brille. Simon aide François le papa de Wilfred à fermer ses bagages et à les descendre, puis nous nous disons au revoir. Le taxi réservé par sa police d’assurance l’attend à 8h30. De notre côté, nous prenons comme d’habitude notre bus pour le Planay.

Et comme tous les jours, on croise Charles qui va attaquer un nouveau cours, une nouvelle semaine, avec cette fois des 2ème Etoile enfants.


Le Planay. Bas des pistes.


Pas fastoche d’aller du bus au bar La Terrasse, car même si la neige a beaucoup fondu en raison de l’abondante pluie ou soleil de ces trois derniers jours, tout est verglacé. Je vais chez Gaspard Sport pour chercher une paire de bâtons histoire de m’équilibrer sur la neige durcie par le froid. Comme d’hab’, ils me les prêtent sans me faire payer. Ici, tout est simple, et les gens, même les commerçants, sont généreux. Le jour de notre arrivée, Jack m’a raconté qu’un soir, il a laissé sa planche de surf appuyée sur la rambarde extérieure d’un bar. Le lendemain, il y retourne. Le barman la lui avait mise de côté.


Equipe de France de ski de fond en entraînement au Planay.


Ce matin, je m’amuse beaucoup à regarder les nouveaux vacanciers montés pour la première fois sur leurs skis. La population n’est pas du tout le même. Les gens parlent fort, s’interpellent de loin. Les filles sont souvent maquillées à outrance alors qu’elles sont sur des skis. Certaines d’entre elles portent des Jeans dernier cri. Pour skier, rien de moins pratiques ! D’autres portent des panoplies fluo de pros. On s’attend à les voir glisser sur les pistes comme des dieux alors qu’ils sont débutants. C’est d’autant plus comique. Surtout de les voir s’arrêter toutes les demi-heures pour fumer une cigarette. L’ambiance est beaucoup plus copains, moins famille que la semaine dernière. En réalité, avant de venir pour les sports d’hiver, je m’attendais justement à voir ce à quoi on assiste aujourd’hui : une grande frime de gens qui aime un peu se montrer. Surtout en étant en vacances en plein dans la zone des Parisiens. Mais pas du tout. En réalité, Simon et moi pensons que les gens qui aiment se montrer ne viennent pas à Arêches Beaufort mais dans des stations plus branchées, parsemées de bars chics et de boîtes de nuit. Cependant, aujourd’hui, j’assiste à un film de ciné en direct live qui a le mérite de m’amuser ! Les filles tombent avec leur maquillage dégoulinant mais elles éclatent d’un rire qui vient du fond du cœur. Les mecs se ratatinent comme tout le monde toutes les cinq minutes avec leur surf dernier cri mais ils ne baissent pas les bras et recommencent avec une ténacité proche du burlesque.


Le Planay.



La serveuse me dit que c’est l’académie du Marseille qui est en vacances… serait-ce une explication ?

Je me balade en bas des pistes en m’appuyant sur les bâtons. Je photographie, je filme un peu aussi. A midi, à la fin de son cours, Simon me rejoint pour m’expliquer qu’il veut skier encore une heure, jusqu’à la dernière minute possible d’utilisation de son forfait de remontée mécanique.

Il se dépêche de se tartiner d’une nouvelle couche de crème et file vers les télésièges, histoire de monter le plus haut possible.


Du haut des pistes du Planay. Vue sur le Mont-Blanc.



Vers 13h00, il me rejoint à la terrasse de la Terrasse. C’est bondé de monde, les gens attendent pour déjeuner, les serveuses courent dans tous les sens, oublient des commandes, se font enguirlander par les skieurs affamés. Un bébé enlève sa combinaison d’hiver pour laisser respirer sa couche au soleil. Simon me parle de son cours du matin. Lui aussi a remarqué le changement de personnalités présentes sur les pistes.

Simon a donc encore intégré un nouveau cours. Celui-ci aura lieu jusque vendredi prochain, comme pour nous la semaine dernière. Nouveau prof, Olivier, nouveaux élèves, très branchés, surtout dans les tenus vestimentaires très « tendances » comme on dit.

Olivier est lui aussi super sympa… décidément…


Le Planay. Cours de ski de Simon.


Comme il fait grand beau, ils attaquent directement le hors-piste. Waou ! Dur pour les nouveaux vacanciers qui n’ont pas fait de sports depuis un an ! Un élève se la pète vraiment comme il faut. Il slalome comme un fou sans écouter les conseils du prof. Il s’amuse à des figures de styles tout n’importe comment, ce qui agace visiblement Olivier. Au premier exercice, il se fait calmer et les remarques techniques du prof l’obligent à plus d’humilité. Durant le cours, deux autres mecs parlaient de fringues de skis, de bottes à la technologie de pointe et de leurs exploits. Une fois dans la pratique, ils étaient toujours à la traîne, infichu d’avancer au même rythme que les autres !

Aujourd’hui, la neige est meilleure, et surtout, il y a beaucoup moins de monde que pendant la semaine passée. Simon me raconte qu’il s’enfonce dans la neige hors-piste avec ses skis comme dans du chamallow. Une fille du cours rate un virage et se prend un sapin qui traine sur la colline, sans qu’on sache pourquoi !


Simon.

Vers la fin de la matinée, la neige fond au soleil et il devint de plus en plus difficile de skier. Ils redescendent sur des pistes plus basses et reprennent les techniques que Steve leur avait déjà enseignées. Parfait, car Simon avoue que le niveau est difficile. Alors, mieux vaut deux fois qu’une, histoire d’assimiler la chose.

Dans l’après-midi, on rentre à l’hôtel, on prépare nos bagages, on fait les dernières courses, on discute avec Laurence BLANC du village, des anecdotes, des lieux-dits, des vacances d’été à Arêches-Beaufort. Je pousse Simon à aller chercher sa médaille Niveau 3 au bureau de l’ESF. Le pire, c’est qu’il fait « ça pour moi » car lui, il s’en fout ! Mais moi je suis très fière de mon Classe 3 alors que moi j’ai le niveau Pin’s de l’ESF ! Discrètement, j’accroche le badge sur son blouson.


Le Planay.
Simon devant une tarte aux myrtilles.


« Ohhhhh ! Bravo Simon pour votre belle médaille Classe 3 ! », lui dit Madame BLANC. Simon, qui n’avait pas réalisé que tout le monde voyait sa médaille, s’empresse de l’ôter pour la ranger au fin fond de sa poche en me lançant un regard furibond. Je suis contente de mon coup, même si celui-ci n’aura fonctionné qu’une heure à peine !


"Fais trop chaud! "
Virginie déguisée en langoustine.


On profite encore des dernières minutes d’ensoleillement pour admirer les montagnes à demi-enneigées noyées de soleil depuis la fenêtre de notre chambre, et pour écouter les milliers d’oiseaux.

Demain, on aura vue sur le boulevard et la bouche de métro.


Paris.


Par Virgsim - Publié dans : skitour2007
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Samedi 3 mars 2007
Le Planay.

Ce matin, bien décidée à aller encourager les élèves de mon groupe à passer leur flocon, je prends le bus avec Simon. A la station du skibus, nous rencontrons Charles. Nous discutons un moment sous la pluie. Quelle plaie ce temps…

Les élèves de mon groupe ont tous leur flocon. Y compris Sylvie à qui le prof conseille malgré tout de persévérer avant d’accéder au Niveau 1. Sylvie, folle de joie, laisse couler de grosses larmes salées qui viennent grossir les ruisseaux de pluie des pistes.


Cours de ski des débutants. Le Planay.

« Oh moi je suis sensible hein, alors quand y’a des trucs comme ço je fonds hein ! ».

Je pensais avoir les boules de ne pouvoir avoir mon Flocon. Mais en fait, je partage complètement la joie de Sylvie. C’est bêbête, mais c’est rigolo de se retrouver avec tous ces bambins en rang d’oignons pour avoir leur flocon, surtout à nos âges. Alors mieux vaut ne pas trop se prendre au sérieux et jouer le jeu. Birgit, la semaine dernière, avait été si contente avec sa médaille qu’elle l’avait aussitôt fièrement accrochée sur son blouson ! Sylvie devra se rendre cet après-midi au bureau de l’ESF d’Arêches car au Planay, ils sont en rupture de stock de Flocon !!!

Mince alors, je suis verte avec ma patte folle ! Mi aussi j'ai fait la guerre et je veux être médaillée !


Le Planay.

Après discussion avec Charles, nous convenons Sylvie et moi que l’année prochaine, nous essaierons de prendre des cours particuliers ensemble afin de nous mettre à niveau pour le Niveau 1. Sylvie et moi échangeons nos coordonnées et promettons de nous revoir un jour, dans le Nord, ou ici à Arêches-Beaufort, où, comme dirait la prof  Florence, « ça ski fort ! ».

Simon est toujours aussi enchanté par son cours. Steve les a fait progressé dans la même technique que la veille. Aujourd’hui, il les a fait passer dans un champ de bosses, une piste noire. Il leur a expliqué comment enchaîner rapidement les virages en contournant les bosses. C’est pas facile. Simon manque de se planter plus d’une fois.

Comme c’est son dernier cours, Steve propose aux élèves de faire une septième journée de cours les samedi matin. Mais la météo prévoit de la pluie pour demain.

Aujourd’hui, les pistes étaient si dégueulassent qu’on aurait presque pu faire du canoë dans les rigoles creusées pour évacuer l’eau.

Rando en raquettes avec Catherine.


 Avec Simon, nous chopons le premier bus de midi pour Arêches. Je dors encore une bonne partie de l’après-midi pendant que Simon retourne en forêt pour une rando en raquettes avec Catherine BOUCHUT. J’en profite pour dormir, pour lire, regarder par la fenêtre de notre chambre la montagne fondre sous les ruisseaux d’eau.


Rando en raquettes.

Le soir, Simon me montre les magnifiques photos de la balade et ma raconte les trace d’oiseaux, d’écureuil, les arbres, les 2000 mètres enneigés qu’ils ont foulé de leurs raquettes après 400 mètres de dénivelé.

La forêt des Saisies.
Traces de l'envol d'une poule.


Le samedi matin, Simon se présente aux aurores au bureau de l’ESF pour acheter son cours de ski. Mais il pleut tellement que la secrétaire lui conseille d’attendre le lendemain. La météo s’annonce excellente.

Il renonce donc à son cours. La pluie bat son plein. Malgré tout, la neige s’agrippe à la montagne et les télésièges qu’on aperçoit juste devant notre fenêtre fonctionnent, comme d’habitude, à 8h30 tapantes.


Salle à manger du Christiania.

Journée reposante. Balade dans le village, sieste, lecture. Mais Simon a les skis qui le démangent et malgré la pluie, il prend le skibus jusqu’au Planay pour une paire d’heures. Après trois descentes, il rentre à l’hôtel.


Notre serveuse du Christiania.

Le soir, on propose au papa de Wilfred de dîner ensemble à la même table. Le petit bonhomme est fou de joie.


Wilfred et son papa, Simon et Virginie.

 

Par Virgsim - Publié dans : skitour2007
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Jeudi 1 mars 2007


Arêches.

La nuit a été assez douloureuse. La bande de contention que le médecin m’a conseillée de garder même la nuit me fait gonfler les doigts de pied et les rend bouillants. Je suis obligée de me lever sans arrêt pour marcher dans la chambre et activer la circulation du sang. C’est pénible de compter les explosions d’avalanches plutôt que les moutons. Vers 2h00 du matin, je finis par enlever la bande. Je n’arrête pas de réveiller Simon sans le vouloir; il a son fameux cours demain matin, et ce n’est pas le moment de le fatiguer pour qu’il se blesse à son tour.

Arêches.

Dés le petit déjeuner, Laurence BLANC apporte le téléphone à Wilfred. C’est son papa qui lui annonce son retour vers midi, au plus tard dans l’après-midi. Wilfred est si concentré sur le combiné qu’il n’entend que la moitié des mots. Il dirige sa montre vers moi et me demande confirmation :

« Il est 8h35 c’est ça ? », dit Wilfred.


Wilfred.

Je confirme. Il réfléchit intensément devant le petit cercle de plastique coloré qui orne son poigné, les deux autres doigts sur le front. Rodin restera décidément intemporel et sans âge.

Comme il souhaite éviter la cohue des deux derniers bus, Simon part pour son cours. Histoire de changer les idées de Wilfred, je m’essaie à quelques alternatives.

« On va aller préparer tes affaires de ski pour ton cours de cet après-midi ! », je lui dis.

« Non, c’est papa qui va le faire quand il va rentrer », me répond Wilfred du tac au tac.

« Mais si on les prépare maintenant, quand papa rentrera ce sera déjà prêt et tu pourras profiter de rester un peu avec…

« …non c’est lui qui sait ». Dit Wilfred.

« Tu veux aller dans la salle de jeux avec les autres enfants? Je reste avec toi.»

« Non, je préfère jouer avec mon cousin Etienne ». Mais son cousin Etienne était là l’année dernière et pas cette année. Comment faire alors que notre époque n’a pas encore découvert les lois de la téléportation ?

« Tu as envie de quoi là maintenant ?», je finis par lui demander.

« Je veux écrire ma bande-dessinée ».

Nous reprenons le chemin de nos chambres.

« Tu écris une bd ? C’est quoi l’histoire ? »

« Alors, le tome 1, c’est l’histoire de trois bandits et de deux squelettes. Devine qui c’est les plus forts ?

« Les bandits ? », je m’aventure.

« Bah non hé, les deux squelettes, parce que un bandit, ça marche comme ça, tandis qu’un squelette, ça marche comme ça tu vois ! Ca fait beaucoup plus peur ! », m’explique Wilfred en mimant très professionnellement chacun de ses éclaircissements.


La BD de Wilfred.

Une fois dans sa chambre, il me montre en effet le début de sa bd. Je suis sidérée. C’est super bien léchée, précis, très bien mis en couleurs. Même les cases ont leur format et les bulles sont pleines de dialogues explicites : « Regardez capitaine ! Un tracane ! », « Par là ! ».

Pendant que les dames font le ménage dans nos chambres et discutent avec moi des blessés traditionnels de chaque mercredi, du mauvais temps de la semaine, du réchauffement de la planète qui arrive jusqu’Arêches cette année, Wilfred s’active sur les gros plan de tentacules de la pieuvre Tracane du tome 3 de sa bd.

Après une sieste, la fin de Tintin au Tibet qui a bien failli passer par Arêches celui-ci aussi cette année, midi sonne à la cloche de la petite église du village. Wilfred abandonne toute créativité pour se concentrer de nouveau sur le petit écran de son poignet.

« Regarde, il est midi, d’habitude, on descend à midi avec papa. »

« Ok, on descend alors. Faut bien manger pour être en forme au ski. »

« Il va être là mon père ? »

« Je ne sais pas, mais s’il n’est pas là, quand tu reviendras du cours de ski cet après-midi, c’est sûr qu’il sera là à t’attendre ».

« D’accord ».


Laurence BLANC, de l'hôtel Christiania d'Arêches.

Madame Blanc nous accueille en confirmant mes dires mot pour mot. Son père vient d’appeler. Pour rentrer à Arêches, il attend désespérément une ambulance qui ne vient pas. Une famille avec des enfants se présente à Wilfred et lui propose de l’emmener au cours de ski. Le petit bonhomme ne se fait pas prier.


Voiture sous la neige.

Sa viande à peine terminée, on monte à sa chambre, et il enfile solennellement, avec une précision de cosmonaute, sa combinaison, ses gants, son casque et son brassard. J’ai bien du mal à le suivre dans les escaliers à cause de ma jambe. Aussi monte –t’il et redescend-il plusieurs fois de suite pour m’accompagner. Chaque fois, j’ai droit à un épisode d’histoire avec des extra-terrestres, des monstres, ou bien les deux squelettes plus forts que les bandits.

13h30, nous sommes dans la salle de jeux. Les autres enfants commencent à peine à se préparer alors que Wilfred s’assied sur un coin de chaise, casque sur la tête, prêt à faire feu. Une maman lui demande de se déshabiller pour qu’il n’attrape pas froid. Hors de question pour lui. Il détourne son regard et fixe la piste enneigée à travers la fenêtre.


Chalet typique du beaufortain.

Dans la salle à skis, rebelote. En posant le pied par terre, il mouille sa chaussette. Toutes les mamans de la salle veulent lui changer sa chaussette pour qu’il n’attrape pas froid mais Wilfred est ferme. Sa chaussette, c’est sa chaussette et il n’en changera pas. N’étant pas encore maman moi-même, je n’ose pas me prononcer. Est-ce que vraiment une chaussette mouillée va l’immobiliser avec 40 de fièvre tout le reste de la semaine ? Peut-être, je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que toute cette histoire est déjà bien lourde à porter pour un petit bonhomme de 8 ans. Là, on sent vraiment que c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. La maman, très compréhensive, garde une paire de chaussettes sèches dans sa poche et se propose d’aller voir le prof de skis de Wilfred pour lui expliquer le cas « chaussette mouillée et rhume à redouter ». Wilfred est déjà loin devant avec les autres gamins. Tout ensemble, ils rient et ils courent, tel Goldorak, avec des bottes de skis.

Les pistes du Planay.

Je m’octroie une nouvelle sieste. Cette petite blessure me fatigue pas mal finalement. Simon rentre des pistes dans l’après-midi. A cause de la pluie mais aussi du fameux cours niveau 3, il transgoutte à grosses spires, comme il dit souvent. Il me raconte son nouveau prof, son nouveau cours, les techniques qu’il a apprises, les exercices qu’il a continué à effectuer seul après le cours sur les conseils de son prof, sa tartine aux olives et au thon au bar de la Terrasse avec la serveuse qui lui a demandé où j’étais, le pin’s de l’ESF que Charles lui a donné pour moi mais qu’il s’est aussitôt empressé de perdre en sortant son bonnet de sa poche mais qu’il promet de retourner chercher dés le lendemain, Sylvie tétanisée sur ses deux skis qu’il est allé rassurer de ma part à la première heure de cours. Il est dans une forme olympique mon Simon.

« La montagne, ça me gagne ! », me dit-il en rigolant.


La Terrasse face aux pistes.

Pour commencer, Florence l’a présenté au prof du Niveau 3. C’est Steve, jeune mec. Steve lui demande son « historique ski ». Simon a skié avec son père pendant 8 ans mais n’a jamais vraiment pris de cours. Pas simple de s’auto-juger dans ces cas là. Puis Steve les emmène sur une piste pour qu’il puisse juger de son niveau et voir si Simon doit rattraper beaucoup de technique par rapport aux autres. De nouveau télésiège tout en haut des pistes. De nouveaux abandon du soleil pour tempête de neige qui fait s’arrêter les télésièges une bonne dizaine de fois. A la différence du niveau 2, avec le niveau 3, ils restent quand même en haut des pistes. Chouette ! Se dit Simon. Il va enfin en baver des ronds de chapeau !

Avant de commencer la descente, Steve demande à Simon ce qu’ils ont appris comme techniques. Puis il lui dit de rester juste derrière lui au moins pendant deux pistes, afin de pouvoir juger de son niveau et le corriger. Pour l’essentiel, il lui dit qu’il dérape un peu trop dans les virages.


Le Planay.

Steve lui explique que depuis le début de la semaine, ses élèves ont surtout appris à ne pas trop déraper dans les virages afin de ne pas perdre de la vitesse. Lors des premières descentes, Simon ne comprend pas. Il voit Steve descendre devant lui en effectuant deux fois plus de virages et pourtant il va deux fois plus vite. Avec son accent suisse à couper au couteau, Steve est très drôle lui aussi. Et super sympa. Pas du tout frime.

Une des élèves ne se sent pas très en forme aujourd’hui. Elle a les jambes qui tremblent. Au coin d’une montagne, Steve sort une petite flasque  de son blouson.

« Avec ça, tu va voir, ça va descendre tout seul ! ».

Le génépi fait maison est vachement bon. Tout le monde se réchauffe et « prend de l’aisance ».


Simon dans son cours de ski.

Les élèves du groupe sont vachement sympas. La moyenne d’âge est de 40/50 ans sauf une ado de 14 ans, qui n’a pas droit à la flasque. Tout le monde fait ce niveau tranquillement, dans le seul but de progresser un peu. Une dame d’une cinquantaine d’année, toute petite et toute maigre, l’air pas du tout sportif, descend les pistes à une vitesse dingue avec une super bonne technique, ce qui impressionne beaucoup les autres.

Le Planay.

L’après-midi, petite balade dans Arêches, achat de fromages et de saucissons savoyards pour le retour. Les commerçants sont adorables, ils prennent le temps de discuter. Ici, les gens ne sont pas exubérants, mais tellement simples dans le bon sens du terme, tellement gentils. Et le village est tellement authentique. Aucun promoteur ne semble véritablement avoir repéré Arêches. Pas encore. Ou pas vraiment. Quelle chance. Et si on s’achetait un tout petit chalet à Arêches ? On récupère alors la presse immobilière dans les agences et l’on s’étonne des prix qui frôlent ceux de Paris… incroyable. L’idée passe aussi vite qu’elle est venue.


Simon et la jambe de Virginie sous bande de contension.

Le soir, en descendant pour dîner, nous saluons le papa de Wilfred. Il a le bras enserré dans une atèle. Wilfred continue de jouer  l’air de rien. Tout semble être rentré dans l’ordre.

Le soir, dans la chambre d’à côté, nous entendons à l’intonation de sa voix Wilfred raconter une multitude d’histoires de monstres à son père. Sans doute explique-t’il sa BD à son père, ses histoires de fantômes et de pirates.


Arêches.

 

Par Virgsim - Publié dans : skitour2007
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Mercredi 28 février 2007

Arêches.

Hier soir et cette nuit, les explosifs qui déclenchent les avalanches nous ont empêché de dormir. Le fait de ne pas avoir pu effectuer mon cours aussi car je crains de ne pouvoir rattraper le niveau des autres. Simon, contrairement à d’habitude, s’endort dans les deux secondes qui suivent l’extinction des feux. Aussi, je ne peux pas me confier à lui. Il s’étale comme un gros bonhomme de neige bienheureux dans le lit. « Bouuuuum ! », grondent sourdement les avalanches sur la montagne. « Grrrr… » Je fais tout au fond de mon lit.


Embouteillages de skieurs à Arêches!

Le petit déj’ se déroule dans la salle à manger comme d’habitude. Nous sommes peu de skieurs matinaux. La plupart des vacanciers qui résident au Christiania sont en famille et les enfants dorment le matin pour effectuer leur cours l’après-midi. C’est comme chaque jour l’effervescence dans la salle à skis du sous-sol ainsi qu’à la station de skibus face à l’hôtel. On y croise mon prof Charles qui prend le même bus. Cette fois, on arrive aux pistes du Planay une demi-heure en avance. Nous en profitons pour prendre un café bien au chaud à l’intérieur de la Terrasse. C’est toujours la même serveuse depuis vendredi dernier et à force, on commence à la connaître. « Aujourd’hui, il neige encore ou bien ! C’est pas de bol ! », nous dit-elle.


Skibus.

Je rejoins les élèves du groupe. Claudia SCHIFFER est venu nous dire un petit bonjour en nous disant à quel point elle était super à l’aise dans son nouveau groupe de fortiches du Niveau 1. Je l’admire quand même. Je lui fais part de mon stress face aux téléskis. Elle me conseille de fumer un joint avant de venir sur les pistes pour me détendre puis se casse dans son groupe. Quelle pétasse, alors !


Les pistes du Planay.


C’est Sylvie qui a dit la veille à Charles de ne pas m’attendre car, comme le lundi matin j’étais fiévreuse, elle pensait que j’étais malade. Le prof est désolé. Ils sont effectivement partis en télésiège pour admirer le panorama et surtout voir le Mont-Blanc. Ils sont  redescendus par des pistes un peu compliqués pour des débutants mais vu la beauté du paysage, cela semblait avoir été super ! Pas grave, il y aura bien une autre journée comme celle-ci avant la fin de notre séjour. Nous remontons la piste verte, histoire de s’échauffer. Charles me montre les virages en dérapages qu’ils ont appris la veille. C’est sûrement le fait d’être bien reposée, mais aujourd’hui, tout me semble assez facile. Je saisis vite, mon corps se positionne beaucoup plus aisément sur les skis, je pivote et je virage en dérapés presque comme il faut. En réalité, j’ai tellement observé les skieurs hier en essayant d’adopter leur position que j’ai le sentiment d’avoir pigé certains mécanismes. Le plus compliqué, quand on débute, c’est de comprendre où chaque exercice pédagogique doit nous mener.


Le Planay.

Après quelques descentes de la Verte des « Pauses », Charles décide de nous amener au tire-fesses du centre, celui qui nous inquiète Sylvie et moi depuis le début, le fameux tire-fesses du Tronchet. Il est hyper long, avec démarrage rapide donc plutôt sec, et plusieurs montées abruptes sur le flanc de la montagne jusqu’au sommet d’une piste Bleu. Je me laisse surprendre par le démarrage et après avoir tangué dans tous les sens, je reprends mon équilibre en appui en collant mes tibias contre le devant des chaussures de skis. Ca ne paraît pas comme ça, mais prendre le tire-fesses, c’est presque aussi délicat qu’apprendre à faire du ski. Arrivés en haut, le prof nous montre le panorama plongé dans les nuages de neiges. Cela ressemble à des nuages de vapeurs denses qui dansent autour de la cime des sapins.


Le Planay.

Oh la la… Quand on se retourne vers la pente de la piste bleue, c’est une toute autre histoire. L’ensemble de la pente ne paraît pas tellement difficile. Mais le commencement est vraiment chaotique avec des grosses bosses qu’il faut franchir en dérapages en escaliers. Pas fastoche, mais peu à peu, avec les conseils de Charles, Sylvie et moi arrivons au bout de nos peines.

« Arrêtez de penser les filles, vous deux vous pensez trop, c’est pour ça que vous êtes bloqués ! Lâchez-vous dans la pente ! Prenez de la vitesse !», nous dit Charles à tue-tête.

  Le prof Charles et Sylvie.

Bon, reprenons depuis le début, « se lâcher dans la pente », rien que ça. Dans quelques secondes, c’en sera fini de cette bosse horrible et on pourra glisser tranquillement vers la vallée. Sylvie tombe tête la première à plusieurs reprises. C’est pas drôle, mais c’est plus fort que moi, je sais que la même chose m’attend, mais je suis chaque fois morte de rire de la voir le nez dans la neige et les skis en l’air. Charles est toujours prêt de nous pour nous aider à nous relever. Il y a aussi Sébastien et Nabila qui ne sont pas bien vaillants non plus, mais ils y arrivent tout seul et rejoignent les autres élèves du cours.



Ils sont déjà loin lorsque j’arrive au bout de mes peines de la bosse bleue. Une longue et douce pente m’attend. Je glisse tout seul. La vitesse est parfaite. Mon buste me fait pivoter sans peine. Toute la vallée est à cet instant ensoleillée, c’est magique. J’arrive à varier quelques tournants en essayant d’autres appuis dans mes chaussures, en déverrouillant plus mes genoux, en reprenant les exercices de Charles de flexions sur les cuisses avant les virages. Et ça marche ! Derrière moi, Charles suit Sylvie qui descend tout aussi agréablement sur ses skis. Elle a l’air heureuse, ça se voit. C’est chouette quand d’un seul coup ce qui nous prend la tête depuis trois jour fonctionne comme par miracle, c’est vraiment chouette !

J’arrive en bas essoufflée. Je ne me sens pas de remonter là tout de suite. Par manque de chance, il n’y a personne dans la file d’attente du téléski du Tronchet.


Le Planay.

« C’est le stress », me dit Charles. « Reste un peu sur la verte si tu veux, tu reviendras après ».

Non, je veux suivre le groupe. Je prends de nouveau le téléski des Tronchet. Devant moi, un gamin se la raconte. Il se balance dans tous les sens, joue avec ses bâtons qu’il passe d’une main à l’autre. Dans la montée, c’est la chute. Skis en l’air. Regards dans tous les sens vers mon arrivée sur lui. Puis, comme nous tous, il se traîne sur le côté avec ses skis. Comme d’habitude, je lui passe à quelques centimètres. Je rejoins le groupe déjà prêt à bondir sur les bosses. Si leurs skis avaient un moteur, ils seraient en train de vrombir sur le haut de la piste. On s’apprête tous à descendre lorsque Charles interpelle Sylvie qui est grimpée, on ne sait comment, sur le rebord de la piste enneigée et non damé. Du coup, elle est un peu coincée et ne peut redescendre.


Hangar de chasses-neige.

« Mais bon sang, c’est pas vrai ça Sylvie, qu’est-ce que tu fais là ? », lance Charles exaspéré.

« Oui bin, si chuis là, c’est que j’lai pas fait exprès hein Charles ! Comment ch’fais pour redescendre moi maintenant hein ? », dit Sylvie en faisant rire tout le monde.

Elle a le coup pour détendre l’atmosphère. Malgré tout, elle ne semble jamais paniquée, elle se débrouille toujours toute seule. Même quand elle tombe, elle ne veut pas que Charles vienne l’aider à se relever.



« Va-t’en Charles, faut que j’me débrouille toute seule ! Tu s’ras pas toujours là à côté de moi, non mais c’est vrai hein ! », dit-elle souvent.

Le groupe descend prudemment, puis s’élance sur la piste. Nabila et Sébastien sont moins hésitants que la première fois. Ils chopent bien le coup du dérapage sur le côté. Ils s’élancent à leur tour. Je me dis que je vais y arriver. Charles m’encourage pendant qu’il relève la pauvre Sylvie qui en est à sa énième gamelle de la matinée. Malgré tout, même si elle râle, elle sourit tout le temps.



On voit certains élèves d’un autre cours arriver tout schuss et déraper comme des crâneurs à deux pas de nous. Leurs dérapages sont si puissants qu’on reçoit plein de neige sur nos skis. Je suis au sommet d’une bosse en train de reprendre mon équilibre et je les maudits d’être si peu attentifs. Le pire de tout, c’est que l’un d’eux n’est autre que Simon qui descend à toute berzingue et qui a bien failli m’envoyer dans les nuages !

Une fois le groupe passé, Charles m’incite à me lancer dans la pente. Je me dis « y’a pas, faut y aller ». Je pars plutôt bien, mais sacrément vite. Oh la la, ça me fait peur car je fonce tout droit vers le téléski sans rien contrôler. Je freine en arrondi vers l’aval comme on a appris, mais mon arrondi est si grand que je remonte en arrière sur l’une des grosses bosses du début de la piste et là, c’est la catastrophe.


La Terrasse.

Je tombe en arrière. Mes skis se plantent en croix dans la neige et je ne déchausse pas. Je sens une très vive douleur dans mon mollet gauche. Ca craque et ça me lance partout. Je suis incapable de me redresser tant j’ai mal. Je hurle et je pleure, ça me soulage. Charles, en deux secondes à peine, me déchausse les skis et demande à un autre prof de venir l’aider à me relever pour me mettre la tête vers le haut. Mes skis une fois déchaussés, je rejoins mes jambes. J’ai l’impression que mes os se sont déboîtés et ré-emboîtés. Mais la vive douleur semble avoir disparu. J’ai mal, mais je reprends mes esprits et je peux me relever. Charles est déjà en train d’appeler les secouristes des pistes qui reviennent avec une barquette pour me descendre. Sur le coup, je ne veux pas. Je me dis qu’en remarchant un peu ça va aller mieux et même si je boîte et que mon mollet me lance comme pas possible, je veux descendre à pied. Je me dis que c’est la seule manière de reprendre le cours de ski demain. Ce matin, j’ai tellement aimé, que ce serait vraiment dommage de m’arrêter en si bon chemin. Le secouriste me dit qu’il faut faire les choses dans l’ordre et que, dans le doute de quelque chose de grave. Charles me dit que c’est peut-être les croisées, et qu’il ne vaut mieux pas aggraver la situation. Je ne sais pas ce que sont les croisées, mais je vois dans le regard des deux hommes une gravité sur mon cas qui me fait peur. Du coup, j’accepte tout. Sylvie me regarde paniquée. Du coup, il  faut qu’elle se débrouille toute seule. Je lui dis que tout va bien, mais je sens le ras-le-bol sur son visage. Je la vois partir à ski de loups vers le bas de la piste.


Piste reliant le Planay à Arêches.

Charles prend mes skis et bâtons et part à la recherche de Simon pour le prévenir et lui demander de venir.

Le secouriste me « ligote » dans la barquette, une sorte de traîneau de secours. Il gonfle une atèle autour de ma jambe. Il appelle une ambulance et un médecin sur Beaufort. Il pense qu’on peut se dispenser des urgences d’Albertville, en tout cas, dans l’immédiat. Le médecin en décidera. Simon qui en fait a vu la scène de loin arrive vers moi. On se dirige vers le poste de secours. C’est dommage de finir la semaine ainsi. En « civière » ! Je vois les regards désespérés et inquiets des gens qui se sont arrêtés sur la piste pour laisser passer le convoi. Au poste de secours, un autre petit garçon arrive en barquette au même moment. Son cas a l’air bien plus grave que le mien. Aussi, je le laisse partir en ambulance avant moi. Sur le chemin du poste, Charles a donné mes skis à Simon. Il faut aller rendre mon matériel loué. Je suis déprimée, j’ai vraiment beaucoup de peine. Ce n’est pas grave ce que j’ai, je le sens maintenant, mais je suis si triste. Au fond de moi, je reste convaincue que demain je pourrais remonter sur des skis. Mais, Charles dit que c’est hors de question, qu’il le sait d’avance. Le mec qui s’occupe de moi au poste me dit skier depuis toujours et ne s’être jamais blessé. Dingue quand même !



En route dans l’ambulance vers Beaufort.

C’est dommage, il fait un temps radieux. Allongée, je regarde la cime ensoleillée des sapins enneigés. C’est beau.

Le conducteur de l’ambulance et son acolyte sont super drôles. Ils font plein de gaffes, de jeux de mots du style : « Vous vous appelez Lempereur ? Ahahahahaha ! C’est pas la marche de l’Empereur pourtant aujourd’hui hein ! Ahahahaha !!! ». Comme l’acolyte n’arrive pas à remettre le brancard sur roue, le chauffeur lui dit « pfff ! Je comprends les mecs qui délocalisent moi hein ! Moi aussi je vais finir par m’implanter en Roumanie pour sauver les gens du Planay si ça continue comme ça ! ». Les deux types n’arrêtent pas d’avoir crise de fou rire sur crise de fou rire…

Le Planay.

Le médecin m’ausculte un long moment. Verdict : le muscle de mon mollet gauche est déchiré. Il hésite sur l’os du péroné qui se serait peut-être fêlé car cela me fait très mal sur un endroit. Mais finalement, il opte pour un nerf endommagé et des hématomes internes.

Simon descend à la pharmacie pour m’acheter bande de contention et des antidouleurs. Il faut enserrer la jambe pour éviter que cela gonfle et devienne violacé, et surtout, pour éviter les phlébites. Il m’incite à marcher le plus possible. Privée de sports pendant un mois.

Une heure et demi plus tard, nous repartons en bus navette vers Arêches.

Simon est super adorable. Il est au petit soin avec moi, me remonte le moral, essaie de me faire rire. Bin oui, c’est pas drôle, je n’aurais même pas mon Flocon comme Birgit et Sylvie, pfff !


Arêches.

Arrivés à l’hôtel, nous filons directement au loueur de matériel pour rendre mes skis et surtout pour louer les chaussures de rando que j’avais prises la veille pour les raquettes et dans lesquelles j’étais super bien nénaise.

 

La montée des escaliers vers l’hôtel n’est pas une mince affaire.

A peine arrivés, Laurence BLANC, l’adorable dame qui tient l’hôtel, nous annonce que le monsieur à côté duquel nous avons dîné la veille s’est gravement blessé à la main et qu’il doit se faire opérer le soir même. Il est en vacances seul avec son petit garçon de 8 ans qui ne veut pas aller à l’hôpital avec lui. La dame nous demande si on peut s’occuper de lui, surtout au moment du dîner et du coucher. Pour les cours de skis du lendemain, une famille avec enfants se propose aussitôt de l’emmener. Quelle cauchemar cette journée !


Arêches.

Le petit Wilfred joue sagement dans sa chambre à côté de la nôtre. Je pars aussitôt me coucher, mais Simon s’occupe un peu avec lui. La fin de journée s’écoule comme un grand calme après la tempête. Simon s’est chargé de contacter nos assurances. Elles appellent aussitôt le poste de secourisme des pistes, le  médecin. Dans les deux heures, tout est réglé. Un taxi viendra nous chercher à l’hôtel dimanche pour la gare et un autre nous attendra à notre arrivée à Paris.

Arêches.

Simon me raconte sa matinée de ski. La matinée s’est écoulée entre tempête de neige et ensoleillement.  Il parle avec Florence sur la possibilité de changer de groupe. Elle est entièrement d’accord et lui propose même d’aller rejoindre en haut des pistes le Niveau 3 qui est déjà parti. Malheureusement, ils ne les retrouveront pas de la matinée.

Aujourd’hui, ils ont pris les télésièges dans une tempête de neige hallucinante. Le vent ramène la neige sur les visages comme le sable à la plage. Ce n’est pas très agréable, mais super chouette à vivre. Puis ils finissent par redescendent sur des pistes plus basses où la tempête se calme. La neige est bonne car il a beaucoup neigé. Pour skier, c’est super, et plus simple, car ça n’accroche pas aux skis. Vers 11h00, le grand soleil revient. Simon achève son cours lors de ma chute.

Vue depuis Arêches.

Vers 19h00, Wilfred accepte de nous accompagner au dîner. Durant tout le repas, le petit bonhomme est adorable. Laurence BLANC a appelé l’hôpital d’Albertville et a réussi à parler avec une des infirmières. Elle nous annonce que le papa de Wilfred est en train de se faire opérer depuis plus d’une heure. Tout se passe bien.

Pas simple pour un petit bonhomme de 8 ans de comprendre ce qu’il se passe et de porter cela avec le sourire. Et pourtant, il nous raconte plein d’histoires de squelettes, de bandits, de pieuvre Tracane, de navire fantôme, d’extra-terrestres. Il dévore plusieurs tranches de rosbif et en redemande pour le dessert.

« Je suis un carnivore ! », arbore-t’il fièrement. Et il mélange sa viande avec ses crocodiles Haribo.

Beaufort.

Simon lisant dans la chambre.

La soirée se passe paisiblement. Wilfred se met en pyjama dans la salle de bain pour ne pas qu’on le voit. On répète avec lui son entrée dans notre chambre la nuit au cas où un cauchemar viendrait lui chatouiller le cerveau. Trouver l’interrupteur dans le noir, notre porte de chambre qu’on laisse entrouverte pour l’occasion puis de nouveau l’interrupteur. Wilfred ne se fait pas prier. Puis il demande à Simon de rester avec lui pendant qu’il lit sa bande-dessinée de Tintin au Tibet.

De mon côté, j’apprends à poser mes bandages sur la jambe. C’est incroyable, les coups de fil pleuvent. C’est le hasard pourtant. Quand Jack m’appelle pour simplement savoir si nos vacances nous plaisent, il n’arrive pas à y croire et bien sûr, culpabilise pour m’avoir conseillée de partir à Arêches, comme si tout était lié. Idem pour mon prof Charles qui appelle pour prendre des nouvelles.


L'Hôtel le Christiania.
Simon déguste une soupe de potiron aux graines de pavot.


« Si je t’avais attendue hier, tu aurais eu plus d’expérience et tu ne serais pas tombée ! Qu’est-ce que tu m’as fait peur !!! », me dit-il.

« Si j’étais venue hier, j’aurais pu dire aujourd’hui que j’étais si crevée que j’en suis tombée !  On ne peut pas savoir… », je lui réponds.

Je ne suis pas mécontente d’apprendre que c’est grâce à une assez bonne condition physique pour la pratique régulière de sports que je ne me suis pas blessée plus gravement. Dixit le prof et le médecin.

Comme je le lui en avais parlé, Charles a glissé deux mots à Florence de l’envie de Simon de passer au niveau 3. Elle est tout à fait d’accord. Simon, par timidité, n’osait pas le faire de peur de la vexer, ou de paraître prétentieux. Je pense qu’il aurait souhaité qu’elle le lui propose d’elle-même. Mais demain, c’est entendu, il va voir Florence au début du cours et elle le présentera à Steve qui dirige le niveau 3.


Virginie & Simon.

Simon est aux anges.

21h30, extinction des feux. Madame Blanc monte jeter un petit coup d’œil. Justement, Simon allait éteindre la petite lampe de chevet de Wilfred, mais le bonhomme l’a fait. Il dort déjà. Madame Blanc a parlé avec le papa qui vient de se réveiller. Tout s’est bien passé. Il rentrera demain midi pour le déjeuner.

Descente aux flambeaux des profs de ski .
Montagne face à notre chambre.

Arêches. Vue de notre chambre.


Par Virgsim - Publié dans : skitour2007
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Mardi 27 février 2007
Levé du soleil sur Arêches.

Le mardi matin, la neige cesse enfin de tomber. Pourtant, toute la nuit, on a entendu les explosions d’avalanches et les bip-bip des chasses neiges qui ont inlassablement dégagé les routes ou damé les pistes. Cela nous a souvent réveillés. Mais ce matin, le ciel est d’un bleu éclatant. Le soleil chauffe. D’ailleurs, comme il ne fait pas suffisamment froid, la neige fond déjà.

Vues depuis notre chambre.

Photo du prof Charles (sans le savoir) qui arrive au skibus en retard.


Dans la salle à rangements de matériel de l’hôtel, Simon ne retrouve pas ses chaussures. Quant à moi, il me manque un bâton. Le temps de retrouver ce qu’il nous faut, on rate le bus qu’on avait prévu de prendre plus tôt. De nouveau, embouteillage de bus et on arrive en retard au Planay. Pfff, c’est pire que d’aller bosser en métro !

Vue depuis notre chambre du Christiania.

Arrêt du skibus.


Florence la prof de Simon l’a attendu car un élève du cours l’a aperçu dans le dernier bus qu’on a réussi à choper. Par contre, je me retrouve toute seule. Les élèves et Charles sont déjà partis. Je marche en direction de tire-fesses « Les Pauses » et chausse mes skis en me disant qu’ils passeront forcément par ici à un moment ou un autre. Malheureusement, je les vois de loin traverser la piste verte et se diriger vers les télésièges. Je devine aussitôt qu’avec ce temps magnifique, Charles a décidé de les emmener en haut des pistes. Pour les rattraper, je déchausse mes skis et je cours avec mes bottes building en bétons armés de l’autre côté du grand tire-fesses du Tronchet, mais manque de pot, je les ai perdu de vue. Du coup, je me balade une demi-heure en bas des pistes histoire de les apercevoir, mais je ne les reverrai pas de la matinée.


Vues depuis notre chambre. Télésiège du Grand Mont.


Je suis désolée. Je voudrais faire une piste verte toute seule car je sens bien que le temps est idyllique mais je n’ose pas, pour la simple raison que lorsque je tombe, je me sens si engoncée dans mes vêtements et si lourde avec cet équipement de cosmonaute, que je ne sais pas me relever toute seule. Je n’ai pas encore apprivoisé cette abondance de neige sous mes pieds. A défaut de pistes, je me descends quelques cafés à une terrasse ensoleillée. Ca chauffe dur. C’est déjà ça. Heureusement, j’ai mon appareil photo, ce qui me permet de m’amuser et aussi et surtout, d’observer les skieurs, leur posture sur les pistes. J’essaie de comprendre et de mémoriser. Et je me demande quel peut bien être la vie des gens d’ici avec ces saisons éphémères de sports d’hiver.

Bas des pistes du Planay.

Le toit du monde...

La Terrasse, bar-resto face aux pistes.


A travers la vitre...


Simon revient de son cours heureux comme tout, mais une fois de plus, il n’a pas demandé à sa prof pour changer de niveau. Il aime bien l’ambiance que génère sa prof et les élèves, il s’entend bien avec eux, et après tout, c’est agréable comme reprise, se dit-il. Avec ce grand beau, Florence les emmène par la petite piste qui relie Le Planay à Arêches. Arrivés à Arêches, ils prennent le télésiège du Grand Mont qui les amènent tout en haut du domaine. Le soleil et le ciel azur leur permettent d’admirer le Mont-Blanc et toute la vallée enneigée. Le groupe de Simon prend et reprend téléskis et télésièges afin d’arriver au sommet des sommets, bref pour toucher les étoiles en plein jour ! A force, ils finissent presque par se perdre, mais Florence connaît les montagnes comme sa poche. Les quelques descentes de pistes rouges qu’ils entreprennent sont sympas. Mais ils finissent principalement par des bleues. Simon s’ennuie un peu.

Le Planay.
Hors piste.

L’après-midi, on se dirige en bus vers Beaufort. 14h00 à l’office de tourisme, c’est le point de RDV que nous a donné Catherine, la guide de la balade en raquettes. De là, on monte avec elle en voiture jusqu’au domaine des Saisies et l’on rejoint d’autres participants à la rando. On se chausse à une dizaine de personnes, on apprend les bases de la marche en raquettes. C’est assez simple finalement. Il suffit de faire régulièrement un peu de marche et voilà que c’est parti ! 


Balade en raquettes.

C’est vraiment moins casse-gueule que le ski !

Dommage, le soleil se cache et le ciel a recouvert son manteau blanc bien épais comme il faut. Catherine trace le chemin dans le mètre de neige sur lequel nous déambulons à la queue leuleu sur le flan de la montagne. Nous nous dirigeons vers la forêt des Saisies, en contre bas des pistes, juste au-dessus d’un hameau V.V.F. Elle nous parle de l’histoire de la région, des cabanes de bois qui parsèment encore les montagnes et dont les parcelles sur lesquelles elles sont érigées doivent être rachetées si on souhaite les sauvegarder. On avance dans l’immensité blanche et silencieuse de la montagne. C’est véritablement de la ouate. On se sent petit comme un lutin sur un nuage. Elle nous raconte la légende des loups, 50 existeraient encore en France contre 500 en Italie ou en Espagne. Seul le chien Patou est capable de faire face à cet animal meurtrier pour sauver un troupeau de brebis alors que les bergers des Alpes françaises ont tous des chiens inappropriés qui ne servent à rien selon Catherine.


Entrée dans la forêt des Saisies.

« Et ce seront les premiers à venir pleurer auprès de l’Etat lorsqu’un loup aura dévasté leur troupeau alors qu’ils savent bien qu’ils leur faut un chien Patou ! Ils sont têtus les bergers savoyards, ils ne nous croient pas !».

Pour ceux qui connaissent « Belle et Sébastien », le Patou est le chien de cette fameuse série télé.

Catherine nous apprend à repérer le cuicui de la mésange noire qui fait « Piiitié », ou de la corneille noire qui se réfugie sur le haut des érables ou des chênes déneigés de la forêt d’épicéas.

La guide Catherine nous parle des arbustes et sapins enneigés.


Nous nous régalons de cette balade tranquille. À un moment, je m’y prends mal pour poser ma raquette sur les traces du mec de devant et je m’enfonce dans la neige jusqu’en haut du genou. Je pose ma main sur le côté pour prendre appui et me relever, mais mon bras s’enfonce d’autant. Cela fait sable mouvant et c’est un peu flippant sur le coup. Je pose mes bâtons sur le côté et prends appui sur la neige aplatie des traces de pas de mon voisin de devant et le remonte comme sur un muret. Puis, je reprends mon chemin. Nous serons deux à s’être enfoncées ainsi, et cela semble visiblement banal et pas dangereux du tout.


Forêt des Saisies.

Une femme du groupe veut absolument tracer la neige avec ses raquettes. Elle s’écarte sans cesse de la file et écrabouille la neige comme une folle. Catherine BOUCHUT est têtue. Quand elle a dit « on trace une ligne », on trace une ligne madame.


Simon et Virginie en raquettes.

« Vous zêt’ pas toutes seule à vous promener ici madame quoi bon enfin bon ! Pensez aussi aux peintres et aux photographes qui vont passer après vous et qui vont voir une étendue de neige dévastée au lieu d’un chemin tracé en courbe dans cette immensité là !  Ce que vous faites ça s’appelle de la pollution visuelle ! Oui, oui ! Ca existe aussi la pollution visuelle ! Y’a pas de raisons que les gens qui vivent dans tous ces petits chalets là et qui aiment la neige immaculée ait à supporter vos pas ! Imaginez qu’il ne neige plus avant 3 semaines ! ».


Cathrine BOUCHUT, notre guide écolo.

Mais la dame, muette comme une carpe et bornée, reprend de plus belle. Bras de fer entre Catherine et elle. La dame finit par se mettre dans le rang.

Nous nous baladons dans la forêt enneigée. Observons les sapins, les pousses du printemps. Nous terminons l’après-midi de balade en raquettes sous une nouvelle chute de neige. La nuit commence à tomber lorsque nous regagnons la voiture et redescendons sur Beaufort. Nous chopons l’un des derniers bus pour Arêches. On se rend chez Gaspard Ski Set pour rencontrer Nicolas, guide de rando en montagne. Simon devait faire une rando en ski demain mais la balade est annulée à cause des mauvaises conditions météorologiques.


Les petits sapins plient sous la neige. Mais la neige les protège du gel.

Personnage de Tim Burton.

Heureusement que je n’ai pas fait de cours ce matin car cette balade m’a bien fatiguée. Simon est content d’être enfin épuisé. Le soir, on se régale d’une bonne raclette traditionnelle de montagne. L’ambiance de notre hôtel est très familiale et conviviale. On s’y sent comme chez soi. Ce soir, on dine à la table d’à côté d’un papa et de son petit garçon de 8 ans. On échange deux trois mots. Le gamin est rigolo comme tout.


La forêt des Saisies.

Par Virgsim - Publié dans : skitour2007
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