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Mardi 27 février 2007
Levé du soleil sur Arêches.

Le mardi matin, la neige cesse enfin de tomber. Pourtant, toute la nuit, on a entendu les explosions d’avalanches et les bip-bip des chasses neiges qui ont inlassablement dégagé les routes ou damé les pistes. Cela nous a souvent réveillés. Mais ce matin, le ciel est d’un bleu éclatant. Le soleil chauffe. D’ailleurs, comme il ne fait pas suffisamment froid, la neige fond déjà.

Vues depuis notre chambre.

Photo du prof Charles (sans le savoir) qui arrive au skibus en retard.


Dans la salle à rangements de matériel de l’hôtel, Simon ne retrouve pas ses chaussures. Quant à moi, il me manque un bâton. Le temps de retrouver ce qu’il nous faut, on rate le bus qu’on avait prévu de prendre plus tôt. De nouveau, embouteillage de bus et on arrive en retard au Planay. Pfff, c’est pire que d’aller bosser en métro !

Vue depuis notre chambre du Christiania.

Arrêt du skibus.


Florence la prof de Simon l’a attendu car un élève du cours l’a aperçu dans le dernier bus qu’on a réussi à choper. Par contre, je me retrouve toute seule. Les élèves et Charles sont déjà partis. Je marche en direction de tire-fesses « Les Pauses » et chausse mes skis en me disant qu’ils passeront forcément par ici à un moment ou un autre. Malheureusement, je les vois de loin traverser la piste verte et se diriger vers les télésièges. Je devine aussitôt qu’avec ce temps magnifique, Charles a décidé de les emmener en haut des pistes. Pour les rattraper, je déchausse mes skis et je cours avec mes bottes building en bétons armés de l’autre côté du grand tire-fesses du Tronchet, mais manque de pot, je les ai perdu de vue. Du coup, je me balade une demi-heure en bas des pistes histoire de les apercevoir, mais je ne les reverrai pas de la matinée.


Vues depuis notre chambre. Télésiège du Grand Mont.


Je suis désolée. Je voudrais faire une piste verte toute seule car je sens bien que le temps est idyllique mais je n’ose pas, pour la simple raison que lorsque je tombe, je me sens si engoncée dans mes vêtements et si lourde avec cet équipement de cosmonaute, que je ne sais pas me relever toute seule. Je n’ai pas encore apprivoisé cette abondance de neige sous mes pieds. A défaut de pistes, je me descends quelques cafés à une terrasse ensoleillée. Ca chauffe dur. C’est déjà ça. Heureusement, j’ai mon appareil photo, ce qui me permet de m’amuser et aussi et surtout, d’observer les skieurs, leur posture sur les pistes. J’essaie de comprendre et de mémoriser. Et je me demande quel peut bien être la vie des gens d’ici avec ces saisons éphémères de sports d’hiver.

Bas des pistes du Planay.

Le toit du monde...

La Terrasse, bar-resto face aux pistes.


A travers la vitre...


Simon revient de son cours heureux comme tout, mais une fois de plus, il n’a pas demandé à sa prof pour changer de niveau. Il aime bien l’ambiance que génère sa prof et les élèves, il s’entend bien avec eux, et après tout, c’est agréable comme reprise, se dit-il. Avec ce grand beau, Florence les emmène par la petite piste qui relie Le Planay à Arêches. Arrivés à Arêches, ils prennent le télésiège du Grand Mont qui les amènent tout en haut du domaine. Le soleil et le ciel azur leur permettent d’admirer le Mont-Blanc et toute la vallée enneigée. Le groupe de Simon prend et reprend téléskis et télésièges afin d’arriver au sommet des sommets, bref pour toucher les étoiles en plein jour ! A force, ils finissent presque par se perdre, mais Florence connaît les montagnes comme sa poche. Les quelques descentes de pistes rouges qu’ils entreprennent sont sympas. Mais ils finissent principalement par des bleues. Simon s’ennuie un peu.

Le Planay.
Hors piste.

L’après-midi, on se dirige en bus vers Beaufort. 14h00 à l’office de tourisme, c’est le point de RDV que nous a donné Catherine, la guide de la balade en raquettes. De là, on monte avec elle en voiture jusqu’au domaine des Saisies et l’on rejoint d’autres participants à la rando. On se chausse à une dizaine de personnes, on apprend les bases de la marche en raquettes. C’est assez simple finalement. Il suffit de faire régulièrement un peu de marche et voilà que c’est parti ! 


Balade en raquettes.

C’est vraiment moins casse-gueule que le ski !

Dommage, le soleil se cache et le ciel a recouvert son manteau blanc bien épais comme il faut. Catherine trace le chemin dans le mètre de neige sur lequel nous déambulons à la queue leuleu sur le flan de la montagne. Nous nous dirigeons vers la forêt des Saisies, en contre bas des pistes, juste au-dessus d’un hameau V.V.F. Elle nous parle de l’histoire de la région, des cabanes de bois qui parsèment encore les montagnes et dont les parcelles sur lesquelles elles sont érigées doivent être rachetées si on souhaite les sauvegarder. On avance dans l’immensité blanche et silencieuse de la montagne. C’est véritablement de la ouate. On se sent petit comme un lutin sur un nuage. Elle nous raconte la légende des loups, 50 existeraient encore en France contre 500 en Italie ou en Espagne. Seul le chien Patou est capable de faire face à cet animal meurtrier pour sauver un troupeau de brebis alors que les bergers des Alpes françaises ont tous des chiens inappropriés qui ne servent à rien selon Catherine.


Entrée dans la forêt des Saisies.

« Et ce seront les premiers à venir pleurer auprès de l’Etat lorsqu’un loup aura dévasté leur troupeau alors qu’ils savent bien qu’ils leur faut un chien Patou ! Ils sont têtus les bergers savoyards, ils ne nous croient pas !».

Pour ceux qui connaissent « Belle et Sébastien », le Patou est le chien de cette fameuse série télé.

Catherine nous apprend à repérer le cuicui de la mésange noire qui fait « Piiitié », ou de la corneille noire qui se réfugie sur le haut des érables ou des chênes déneigés de la forêt d’épicéas.

La guide Catherine nous parle des arbustes et sapins enneigés.


Nous nous régalons de cette balade tranquille. À un moment, je m’y prends mal pour poser ma raquette sur les traces du mec de devant et je m’enfonce dans la neige jusqu’en haut du genou. Je pose ma main sur le côté pour prendre appui et me relever, mais mon bras s’enfonce d’autant. Cela fait sable mouvant et c’est un peu flippant sur le coup. Je pose mes bâtons sur le côté et prends appui sur la neige aplatie des traces de pas de mon voisin de devant et le remonte comme sur un muret. Puis, je reprends mon chemin. Nous serons deux à s’être enfoncées ainsi, et cela semble visiblement banal et pas dangereux du tout.


Forêt des Saisies.

Une femme du groupe veut absolument tracer la neige avec ses raquettes. Elle s’écarte sans cesse de la file et écrabouille la neige comme une folle. Catherine BOUCHUT est têtue. Quand elle a dit « on trace une ligne », on trace une ligne madame.


Simon et Virginie en raquettes.

« Vous zêt’ pas toutes seule à vous promener ici madame quoi bon enfin bon ! Pensez aussi aux peintres et aux photographes qui vont passer après vous et qui vont voir une étendue de neige dévastée au lieu d’un chemin tracé en courbe dans cette immensité là !  Ce que vous faites ça s’appelle de la pollution visuelle ! Oui, oui ! Ca existe aussi la pollution visuelle ! Y’a pas de raisons que les gens qui vivent dans tous ces petits chalets là et qui aiment la neige immaculée ait à supporter vos pas ! Imaginez qu’il ne neige plus avant 3 semaines ! ».


Cathrine BOUCHUT, notre guide écolo.

Mais la dame, muette comme une carpe et bornée, reprend de plus belle. Bras de fer entre Catherine et elle. La dame finit par se mettre dans le rang.

Nous nous baladons dans la forêt enneigée. Observons les sapins, les pousses du printemps. Nous terminons l’après-midi de balade en raquettes sous une nouvelle chute de neige. La nuit commence à tomber lorsque nous regagnons la voiture et redescendons sur Beaufort. Nous chopons l’un des derniers bus pour Arêches. On se rend chez Gaspard Ski Set pour rencontrer Nicolas, guide de rando en montagne. Simon devait faire une rando en ski demain mais la balade est annulée à cause des mauvaises conditions météorologiques.


Les petits sapins plient sous la neige. Mais la neige les protège du gel.

Personnage de Tim Burton.

Heureusement que je n’ai pas fait de cours ce matin car cette balade m’a bien fatiguée. Simon est content d’être enfin épuisé. Le soir, on se régale d’une bonne raclette traditionnelle de montagne. L’ambiance de notre hôtel est très familiale et conviviale. On s’y sent comme chez soi. Ce soir, on dine à la table d’à côté d’un papa et de son petit garçon de 8 ans. On échange deux trois mots. Le gamin est rigolo comme tout.


La forêt des Saisies.

Par Virgsim - Publié dans : skitour2007
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