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Dimanche 4 mars 2007


Arêches.

Ce matin, le soleil brille. Simon aide François le papa de Wilfred à fermer ses bagages et à les descendre, puis nous nous disons au revoir. Le taxi réservé par sa police d’assurance l’attend à 8h30. De notre côté, nous prenons comme d’habitude notre bus pour le Planay.

Et comme tous les jours, on croise Charles qui va attaquer un nouveau cours, une nouvelle semaine, avec cette fois des 2ème Etoile enfants.


Le Planay. Bas des pistes.


Pas fastoche d’aller du bus au bar La Terrasse, car même si la neige a beaucoup fondu en raison de l’abondante pluie ou soleil de ces trois derniers jours, tout est verglacé. Je vais chez Gaspard Sport pour chercher une paire de bâtons histoire de m’équilibrer sur la neige durcie par le froid. Comme d’hab’, ils me les prêtent sans me faire payer. Ici, tout est simple, et les gens, même les commerçants, sont généreux. Le jour de notre arrivée, Jack m’a raconté qu’un soir, il a laissé sa planche de surf appuyée sur la rambarde extérieure d’un bar. Le lendemain, il y retourne. Le barman la lui avait mise de côté.


Equipe de France de ski de fond en entraînement au Planay.


Ce matin, je m’amuse beaucoup à regarder les nouveaux vacanciers montés pour la première fois sur leurs skis. La population n’est pas du tout le même. Les gens parlent fort, s’interpellent de loin. Les filles sont souvent maquillées à outrance alors qu’elles sont sur des skis. Certaines d’entre elles portent des Jeans dernier cri. Pour skier, rien de moins pratiques ! D’autres portent des panoplies fluo de pros. On s’attend à les voir glisser sur les pistes comme des dieux alors qu’ils sont débutants. C’est d’autant plus comique. Surtout de les voir s’arrêter toutes les demi-heures pour fumer une cigarette. L’ambiance est beaucoup plus copains, moins famille que la semaine dernière. En réalité, avant de venir pour les sports d’hiver, je m’attendais justement à voir ce à quoi on assiste aujourd’hui : une grande frime de gens qui aime un peu se montrer. Surtout en étant en vacances en plein dans la zone des Parisiens. Mais pas du tout. En réalité, Simon et moi pensons que les gens qui aiment se montrer ne viennent pas à Arêches Beaufort mais dans des stations plus branchées, parsemées de bars chics et de boîtes de nuit. Cependant, aujourd’hui, j’assiste à un film de ciné en direct live qui a le mérite de m’amuser ! Les filles tombent avec leur maquillage dégoulinant mais elles éclatent d’un rire qui vient du fond du cœur. Les mecs se ratatinent comme tout le monde toutes les cinq minutes avec leur surf dernier cri mais ils ne baissent pas les bras et recommencent avec une ténacité proche du burlesque.


Le Planay.



La serveuse me dit que c’est l’académie du Marseille qui est en vacances… serait-ce une explication ?

Je me balade en bas des pistes en m’appuyant sur les bâtons. Je photographie, je filme un peu aussi. A midi, à la fin de son cours, Simon me rejoint pour m’expliquer qu’il veut skier encore une heure, jusqu’à la dernière minute possible d’utilisation de son forfait de remontée mécanique.

Il se dépêche de se tartiner d’une nouvelle couche de crème et file vers les télésièges, histoire de monter le plus haut possible.


Du haut des pistes du Planay. Vue sur le Mont-Blanc.



Vers 13h00, il me rejoint à la terrasse de la Terrasse. C’est bondé de monde, les gens attendent pour déjeuner, les serveuses courent dans tous les sens, oublient des commandes, se font enguirlander par les skieurs affamés. Un bébé enlève sa combinaison d’hiver pour laisser respirer sa couche au soleil. Simon me parle de son cours du matin. Lui aussi a remarqué le changement de personnalités présentes sur les pistes.

Simon a donc encore intégré un nouveau cours. Celui-ci aura lieu jusque vendredi prochain, comme pour nous la semaine dernière. Nouveau prof, Olivier, nouveaux élèves, très branchés, surtout dans les tenus vestimentaires très « tendances » comme on dit.

Olivier est lui aussi super sympa… décidément…


Le Planay. Cours de ski de Simon.


Comme il fait grand beau, ils attaquent directement le hors-piste. Waou ! Dur pour les nouveaux vacanciers qui n’ont pas fait de sports depuis un an ! Un élève se la pète vraiment comme il faut. Il slalome comme un fou sans écouter les conseils du prof. Il s’amuse à des figures de styles tout n’importe comment, ce qui agace visiblement Olivier. Au premier exercice, il se fait calmer et les remarques techniques du prof l’obligent à plus d’humilité. Durant le cours, deux autres mecs parlaient de fringues de skis, de bottes à la technologie de pointe et de leurs exploits. Une fois dans la pratique, ils étaient toujours à la traîne, infichu d’avancer au même rythme que les autres !

Aujourd’hui, la neige est meilleure, et surtout, il y a beaucoup moins de monde que pendant la semaine passée. Simon me raconte qu’il s’enfonce dans la neige hors-piste avec ses skis comme dans du chamallow. Une fille du cours rate un virage et se prend un sapin qui traine sur la colline, sans qu’on sache pourquoi !


Simon.

Vers la fin de la matinée, la neige fond au soleil et il devint de plus en plus difficile de skier. Ils redescendent sur des pistes plus basses et reprennent les techniques que Steve leur avait déjà enseignées. Parfait, car Simon avoue que le niveau est difficile. Alors, mieux vaut deux fois qu’une, histoire d’assimiler la chose.

Dans l’après-midi, on rentre à l’hôtel, on prépare nos bagages, on fait les dernières courses, on discute avec Laurence BLANC du village, des anecdotes, des lieux-dits, des vacances d’été à Arêches-Beaufort. Je pousse Simon à aller chercher sa médaille Niveau 3 au bureau de l’ESF. Le pire, c’est qu’il fait « ça pour moi » car lui, il s’en fout ! Mais moi je suis très fière de mon Classe 3 alors que moi j’ai le niveau Pin’s de l’ESF ! Discrètement, j’accroche le badge sur son blouson.


Le Planay.
Simon devant une tarte aux myrtilles.


« Ohhhhh ! Bravo Simon pour votre belle médaille Classe 3 ! », lui dit Madame BLANC. Simon, qui n’avait pas réalisé que tout le monde voyait sa médaille, s’empresse de l’ôter pour la ranger au fin fond de sa poche en me lançant un regard furibond. Je suis contente de mon coup, même si celui-ci n’aura fonctionné qu’une heure à peine !


"Fais trop chaud! "
Virginie déguisée en langoustine.


On profite encore des dernières minutes d’ensoleillement pour admirer les montagnes à demi-enneigées noyées de soleil depuis la fenêtre de notre chambre, et pour écouter les milliers d’oiseaux.

Demain, on aura vue sur le boulevard et la bouche de métro.


Paris.


Par Virgsim - Publié dans : skitour2007
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