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skitour2007

Vendredi 23 février 2007

Vue sur la montagne enneigée.

            Nous arrivons dans la minuscule gare d’Albertville. La secrétaire de la compagnie de bus de la ville nous avait dit : « Vous allez voir, c’est une grande gare à Albertville ! ».

Juste deux trois taxi, quelques maisons isolées à la sortie de la petite bâtisse faisant office de gare et c’est tout. Nous montons dans le premier taxi. Un montagnard au large chapeau nous embarque en plaisantant grassement sur les virages et les ravins qui entourent les routes. Le soleil enveloppe la vallée à peine enneigée. Nous sommes déjà émerveillés par les petits chalets et les épicéas qui parsèment les versants des Alpes environnantes.


Virginie essaie de faire une boule de neige verglacée.


Une demi-heure plus tard, nous traversons le village d’Arêches. Le chalet de Jack de sa femme Birgit, chez qui nous dormons ce soir faute de disponibilité dans les hébergements ldu coin, se situe un peu plus haut des pistes du Planay.


Simon prêt à skier...


            Lorsque le taxi se gare, Jack est pieds nus sur le balcon, lunettes de soleil sur le bout du nez avec le chat Zazou à côté de lui se faisant bronzer au soleil. Il est 13h00. D’ici, nous voyons les pistes du Planay en contrebas du chalet. Ils sont arrivés voici une semaine et depuis, le soleil n’a cessé de briller. La neige a beaucoup fondu mais à ce qu’il paraît elle est parfaite pour skier, surtout pour débuter d’après ce que je comprends.  Ils ont une mine radieuse, l'air reposé. Tout ce à quoi on aspire Simon et moi...

Le hameau du Planay.

Arrivée des télésièges.


            14h30, Birgit et les filles partent à leur dernier cours de la semaine. Nous les accompagnons, et profitons de cet après-midi ensoleillé pour effectuer un tour de piste, cibler les remontées mécaniques, mémoriser les horaires de l’arrêt des « skibus » qui relient le village d’Arêches au lieu-dit du Planay. Nous nous baladons tranquillement, mitraillons les chalets, les montagnes, les gens qui viennent poser leurs skis ou leur snowboards le long des rambardes en bois des chalets-bar où leurs propriétaires viennent de temps à autre se désaltérer. Nous en profitons pour dénicher une petite table dans un recoin de la Terrasse, visiblement, point culminant des rencontres des skieurs face aux pistes. Une tartine au Beaufort, célèbre fromage régional et Coca light à la main très régional lui aussi, nous nous marrons bien en observant les skieurs se planter tête la première dans la neige.

            L’après-midi se termine tranquillement, entre un chocolat chaud et une dispute entre Jack et Juliette la fille de Birgit qui supporte mal que celui-ci lui dise avec son tact inégalable qu’elle ressemble à un singe quand elle fait du snowboard, mais que comme les singes, y’a bien un jour où elle se redressera ! On rit, on rit, mais de quoi je vais avoir l’air sur deux skis ? Je me le demande non sans crainte…


Bars et terrasses du Planay...
Juliette, Jack et Virginie.


            Dans la soirée, nous rejoignons avec Jack et Birgit tous leurs copains avec qui ils sont venus pour la semaine. Après une copieuse fondue savoyarde, la soirée se termine par un karaoké où Juliette, la fille de Birgit, et une copine, excellent sous les applaudissements du public de vacanciers éreintés par leur semaine de cours de ski.

  Fonte des neiges sur toiture savoyarde.


 

Par Virgsim
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Samedi 24 février 2007

 

Tempête de neige sur la forêt.


            C’est sous la tempête de neige que nous descendons avec nos sacs à dos du chalet aux pieds des pistes du Planay pour rejoindre l’arrêt de skibus.


Virginie et Simon à l'arrêt du skibus.


Les flocons sont si épais que la neige commence à s’épaissir sur nos têtes au bout de quelques minutes. C’est froid et doux à la fois. La neige scroutche sous nos pas et oblige notre chemin à une lente douceur.


Le Planay.


            Dix minutes à peine pour arriver à notre hôtel Le Christiania. L’arrêt se situe juste devant. C’est vraiment conçu pour le fainéant de base en vacances ! On ne peut pas rêver mieux. Nous nous installons dans notre petite chambre lambrissée. La vue donne sur la montagne, et les télésièges de cette partie de la station, destinée, on le saura plus tard, aux skieurs confirmés. Le soleil revient et, pour notre plus grand bonheur, illumine la vallée enneigée. Nous effectuons une balade dans le minuscule village d’Arêches. En réalité, c’est un bourg de quelques chalets, munis, en cette haute saisons touristiques de quelques restos et de deux bars, d’un point presse, d’une coopérative de fromage, d’un charcutier et d’un boulanger. Bien évidemment, comme partout en France depuis quelques années, nous avons une banque et deux agences immobilières. Au centre du village, la petite église pointe son clocher vers le ciel blanc. Des enfants sûrement du coin jouent à la luge dans le jardin de l’église. On les entend rire ; ils s’en donnent à cœur joie.


Piste qui relie le Planay au village d'Arêches, 2 km plus bas.

Télésièges sous la tempête.

Aujourd'hui, tempête trop forte pour surfer.... enfin, pour certains.


            Nous rentrons au Christiania pour une petite sieste bien méritée en ce début de vacances. Dans l’après-midi, nous nous baladons dans le village. Une fois encore, on apprécie le calme des habitants, et l’accent qui nous est si cher des nombreux gens du Nord de la France qui sont eux aussi en vacances.


Arêches sous la neige.


Le hameau de Arêches.

            Le premier repas de notre demi-pension est plutôt une réussite. Laurence BLANC qui tient l’hôtel est une femme absolument charmante, à la douceur et au sourire qui ne donnent plus envie de quitter son hôtel. Nous discutons très vite avec elle, de la saison, de la mauvaise météo annoncée pour la semaine, des arrivées nombreuses de cette période rouge de l’année. Puis nous filons au magasin du dessous, chez « Gaspard », pour louer notre attirail de futurs champions de ski alpin. Simon ne tient en plus. Il répète toutes les cinq minutes : « J’ai envie de skier là tout de suite maintenant, je ne tiens plus… ».


Nuages de neiges.

Hôtel Le Christiania.

Il faut se coucher tôt car demain matin, démarrent les cours de ski. La blanche montagne face à notre chambre est plongée dans la nuit. Nous distinguons quelques lueurs qui proviennent des chalets perdus de-ci delà. Le calme blanc de la montagne nous apaise pour une douce nuit.


Tempête de neige sur Arêches.


Par Virgsim
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Dimanche 25 février 2007

Grande visibilité sur les pistes du Planay.


            9h30.Nous sommes au lieu indiqué sur nos cartes de cours. Simon part pour le cours du Niveau 2 et moi pour les Débutants. Le prof pour les débutants arrive. Il se présente, c’est Charles. Il a l’air sympa, plutôt détendu, c’est bon signe car hier, j’ai eu du mal à m’endormir. Je me demandais bien comment j’allais tenir sur deux fines planches en plastique comme ça avec  des chaussures aussi rigides qu’un building en béton.


Simon, prêt à faire feu.


            La douzaine d’élèves que nous sommes se présente. Très vite, je lie connaissance avec Sylvie, une fille deuch’nord comme moi qui a l’air très rigolote et chaleureuse comme tout. Nous sommes les deux « viocs » du groupe. En fait, on. Il y a une troisième vioc de 40 ans, Claudia SCHIFFER, qui s’avèrera une étoile de la glisse. C’est agaçant. On a direct envie de la détester celle-là. Les autres ont en moyenne 15/25 ans et malgré leur choix de s’inscrire dans un groupe de débutants, ils en ont déjà tous fait. Finalement, dans ce groupe, il y a au moins trois niveaux différents. Plutôt stressant pour le prof qui a bien du mal à savoir où donner de la tête. Quelle patience… Entre gérer les différences de niveaux, les âges (la résistance n’est pas du tout la même, bien que l’on fasse un peu de sport toute l’année!), les angoisses ou les empressements des uns et des autres, y’a de quoi plonger la tête la première dans un bonhomme de neige !

Les pistes du Planay.

            Pour commencer, nous apprenons à maintenir nos skis sur l ‘épaules d’un bras, nos bâtons d’une main, et à marcher avec nos buildings en béton armé aux pieds dans une pente de neige jusqu’à une piste verte. Avec le recul, ça fait rire, mais sur le moment, on se demande bien pourquoi on paie pour s’affliger ça ! Avec Sylvie, on se lance des petits regards consternés en rigolant ouvertement de nos allures cocasses. On découvre le vocabulaire : en aval pour signifier vers la « vallée », et en amont pour signifier vers « la montagne ». Quoi qu’on fasse, si on se chausse, si on tombe, il faut toujours se mettre skis parallèles en aval. Pour freiner idem. Ça je le retiens et l’enregistre bien comme il faut, on ne sait jamais.

Cours de ski débutants.

Cours de ski.

Simon à droite en chasse-neige...


            On commence par apprendre à chausser les skis. Quelle épopée ! Puis à descendre en chasse-neige, à se tenir en équilibre, ni trop en avant, ni trop en arrière. Naturellement, le premier réflexe et de se mette en arrière pour ralentir et bien évidemment c’est justement comme ça qu’on accélère. Bien sûr, on se ramasse la tête dans la neige plus d’une fois avant de bien comprendre notre erreur ! Ahhhhh lalalala ! Je ne savais pas qu’elle avait un goût la neige !

            Après quelques essais, Charles nous emmène au tire-fesses Baby. On se retrouve entouré de bambins de 4 à 6 ans qui glissent aisément sans bâtons, font leur chasse-neige à merveille. Ils ont tous un brassard « les oursons » ou « les flocons », comme nous finalement !

Simon le champion...

Virginie, reine des neiges...


            Premier essai de tire-fesses. Je me ratatine une fois de plus dans la neige en fin de piste. Une fois la barre qui me maintenait lâchée, je me déséquilibre sur mes skis et m’effondre le nez dans la neige. Et quel calvaire pour me relever avec mes chaussures en béton armé ! Je ne suis pas la seule dans ce cas. Heureusement, notre prof arrive pour nous sauver. Ouf ! Et dire que maintenant il va falloir qu’on descende la piste. On se lance tous à la queue leu leu en chasse-neige derrière Charles qui prend la posture d’un débutant, bras en avant et écarté, pieds en dedans et en hurlant :

« Vous avez vu ma position ? C’est comme ça !!!!  Allez, on y va !!!»

On a envie de rire, mais on n’y arrive même pas aussi bien que ça. Quoique que… Quand même, petit à petit… On remonte au tire-fesses Baby une deuxième puis une troisième fois. Sylvie et moi, on se prend gamelle sur gamelle pendant que les autres « faux débutants », Claudia SCHIFFER en tête, descendent avec beaucoup plus d’aisance. Il y a également un type d’environ 25 ans qui reste à la traîne avec nous deux. Pas facile de trouver son équilibre et son aisance sur des skis, quel que soit l’âge finalement…


Arêches sous un nuage de neige.


            Lorsque midi arrive, je suis éreintée. Je suis si stressée que j’en tremble de tout mon corps. Il n’a pas arrêté de neiger de la  matinée et j’ai à la fois chaud et froid.

            Je rejoins Simon à la Terrasse où nous rentrons à l’intérieur à cause de la tempête qui ne cesse de croître. J’ai l’estomac noué par le cours du matin et je ne réussis à rien avaler. Simon quant à lui est fou de joie. Il dévore une tartine régionale en me racontant son cours dans les moindres détails. Forcément, l’ambiance est beaucoup plus détendue. La responsabilité de sa prof Florence ne semble pas du tout la même que pour les débutants.


Voitures enneigées.


Ils commencent par descendre quelques pistes bleues tranquillement, histoire de s’échauffer. De reprendre contact avec la neige, de se refaire une paire de fesses en béton. Afin d’évaluer les niveaux des élèves Florence, observe tous les élèves à tour de rôle. Leur groupe est selon Simon plutôt bien équilibré même s’ils sont douze comme nous. Puis, comme tout le monde skie plutôt bien, elle les emmène directement au télésiège du Piapolay. Dommage, d’en haut, on ne voit rien à cause de la neige qui tombe à gros flocons et des nuages. Le groupe empreinte une piste rouge en faisant plusieurs stops car deux élèves, peu à peu, finissent par rester à la traîne. Florence ré-explique à tout le monde les techniques de base. Elle les observe, reprend leur défaut en les prenant un par un.

Selon Simon, son cours passe trop vite. Il n’est pas fatigué. Mais pour un premier jour, c’est une bonne remise en forme après 10 ans d’absence sur les skis !

Lorsqu’ils terminent le cours, un autre élève du cours apprend que sa copine qui était en Niveau 3 vient d’être transportée d’urgence à l’hôpital d’Albertville à cause d’une mauvaise chute. Quel début de vacances ! Pourvu que ce ne soit pas grave. Ca fait toujours froid dans le dos de voir ces barquettes, ou espèces de traîneau qui redescendent les blessés des pistes.

 

Cours de ski.


En début d’après-midi, je veux repartir avec Simon afin de m’exercer dans plus de tranquillité. Mais il semble y avoir plus de monde, surtout des enfants, que le matin, et les flocons qui se sont transformés en pluie rendent les pistes plus glissantes. Après un double piqué à 360° incontrôlé, je plonge une fois de plus la tête la première, dos à la vallée dans la neige. Je suis épuisée, je n’arrive même plus à me relever et j’ai envie de pleurer. J’enlève mes skis de rage et je redescends la piste à pied. J’en ai marre, je déteste le ski. Je ne suis pas certaine de refaire un cours demain.



On reprend le skibus jusqu’Arêches. Je vais aussitôt me doucher puis me coucher jusqu’au pot offert par l’office du tourisme du village le soir. Simon est dans une forme olympique. Il hésite à demander à Florence pour changer de groupe car il craint que ce ne soit trop facile, mais il préfère attendre demain pour voir comment les cours évoluent.

Le soir au pot du village, nous découvrons la station en diapositives, puis l’école de ski d’Arêches présente ses programmes, puis Catherine BOUCHUT, une guide naturaliste bavarde qui propose des balades « écolo » en raquettes. Elle présente les sorties de la semaine à venir. Nous allons aussitôt la voir pour nous réserver une place mardi après-midi.

Arêches.


Par Virgsim
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Lundi 26 février 2007

Maison traditionnelle à Arêches dans le Beaufortain.



Le lundi matin, je me lève avec les premières courbatures aux fesses et bizarrement aux bras. Sûrement à force de me relever en prenant appui sur les bâtons. Depuis samedi, la neige n’en finit pas de tomber. On ne distingue pas la différence entre les montagnes, les hameaux et le ciel. Que c’est apaisant pour le regard, tout est si calme. Les gens d’ici se plaignent de mauvais temps mais Simon et moi, sommes contents comme tout. En plus, il ne fait pas si froid, surtout quand on skie.


Place de l'église à Arêches.

En attendant notre skibus, on entend une énorme explosion qui retentit dans toute la vallée. Simon m’explique que ce sont des avalanches qu’ils font exploser sur les autres versants afin de sécuriser les pistes de ski. Nous sommes un peu obligés de laisser passer le bus de 9h00 car les 50 malheureuses places qu’ils nous attribuent sont vite comblées par l’affluence de touristes de cette semaine rouge. On prend le bus suivant et l’on arrive limite en retard aux cours.

Les petits élèves en route pour les cours de skis.

Le lundi se déroule à peu près comme le dimanche. De nouveaux débutants arrivent dans le cours. Charles doit en surclasser certains qui sont déjà vraiment doués car ce n’est pas leur première fois et demander à d’autres d’aller aux cours de l’après-midi. Claudia SCHIFFER prend un air faussement humble :

« Oh non, non Charles ! Niveau 1 ça va être trop dur pour moi tu sais !  Bon, d’accord j’y vais. »

Elle part sans même se retourner vers l’autre groupe.

À quatorze, le cours n’était pas vraiment gérable et pour lui, j’imagine que c’est plus risqué. Nous sommes désormais huit ou neuf, c’est pas mal, mais on y voit plus clair quand même. Charles reprend les bases de la veille. C’est rassurant lorsqu’on répète la même chose.

Direction les pistes en bottes de Goldorak.

Après une petite descente sur la piste verte de la veille, on passe au tire-fesses « Les Pauses ». Attention, les oursons trentenaires que nous sommes arrivent lentement dans une file d’attente plus importante où l’on se fait doubler par des gamins de moins d’un mètre qui glissent en travers de nos skis sans sourciller. Le tire-fesses n’est pas évident. Charles nous dit que l’avantage c’est que cela nous apprend à avoir « l’équilibration » qu’on doit avoir normalement sur nos skis. On serre les fesses, on sent propre du terme car ici, c’est un degré au-dessus avec virage dans la montée. À peine le virage embrayé, je tombe sur le mec tombé devant moi et la fille derrière moi me tombe dessus. Quelle histoire quand vous tombez avec des skis plantés n’importe comment dans la neige ! On redresse la tête en se demandant tout d’abord dans quel sens on est par rapport à la vallée et aux remontées mécaniques. Puis on regarde où en est celui qui suit pour dégager le passage. En général, faut se pousser tout de suite en se roulant dans la neige car on n’a pas le temps de déchausser les skis. Une fois debout, faut traverser les remontées mécaniques entre deux skieurs tirefessés, se rechausser, et attendre le groupe qui a réussi à atteindre le sommet de la piste.

Pistes du Planay.

Charles nous fait signe d’attendre pour ne pas se fatiguer pour rien et nous rassure. Il nous rappelle chaque fois que c’est normal, qu’on débute, qu’il ne faut pas avoir peur de tomber, qu’on n’est pas là pour faire de la compétition mais pour le plaisir. Malgré tout, ça nous fatigue et ça nous énerve. Et par conséquent, quelquefois, on sent que ça l’énerve qu’on stresse parce qu’on ne sait pas bien remonter au tire-fesses ou qu’on a peur de se laisser tomber. Il ne cesse de me répéter de ne pas angoisser, mais ça me stresse encore plus.

« Qu’est-ce que je peux faire pour ne pas stresser ? », je lui demande.

« Arrête de penser, c’est tout ! », me répond-il.

Facile à dire. Faut que je suive le groupe, je ne suis pas toute seule, et je ne peux pas demander à être déclassé vue que je suis dans le groupe le moins fort du monde…

Sylvie est bien plus volontaire que moi, et plus courageuse aussi.

« Y’a pas, quand faut y aller, faut y aller ! J’y vais hein ! », lance-t’elle en glissant à 0,5 à l’heure.

Sylvie.

Au bout d’un moment, j’en ai marre, je suis crevée, je n’arrive à rien je pense. Charles s’énerve en me disant justement de ne pas baisser les bras, qu’il ne me laissera pas faire et que vendredi, il est prêt à parier que je serai contente de moi. C’est terrible ce manque de confiance en moi. Mais là pour l’instant, je n’ai aucun plaisir à ce que je fais. Techniquement, cela me semble insurmontable. Mes vêtements m’encombrent. Sylvie ressent la même chose que moi. On se soutient mutuellement. Charles nous assure qu’on a fait des progrès. Quelle patience il a… On est tous des enfants apeurés dans des corps d’adultes. Pas simple à gérer pour un prof.

Dans la file d’attente, au beau milieu d’une poignée d’enfants qui attend impatiemment au tire-fesses, Sylvie me raconte ses exploits de freinages en dérapés incontrôlés d’hier après-midi. On rigole de nous-même, faut bien ça pour se réconforter. Cette histoire assez banale en somme, racontée par Sylvie avec son accent truculent du Nord à la Dany Boon, j’adore !

Charles, prof des débutants.

Le prof des enfants, avec son accent savoyard proche de la Suisse, dit à Sylvie : « Oh ! Joli accent ! Je vois que madame est du sud, ou bien ! ».

Sylvie : « Bin oui hein ! Faut c’qui faut hein ! »

Le prof : « Et t’es d’où exactement, ou bien ? »

Sylvie : « Bin chuis d’Douai hein ! Vous me faites rire eud’rire eud’ mon accent alors que vous zotes, vous mettez des « ou bien » partout hein !!!! Oh c’est rigolo çô hein ! »

Le prof, ironique : « Ah bon ? On dit toujours « ou bien » nous, ou bien ? J’ai reconnu ton accent car ma femme est eud’ Lille ! »

Sylvie : « Ohhh, bin monsieur est connaisseur alors hein ! »

Gros éclat de rire général des profs et de nous, élèves. Sylvie a toujours le sourire jusqu’aux oreilles, et un humour sur elle-même incroyable. C’est elle notre remède au stress.


Damage des pistes.   

                  

Simon rentre de son cours pas fatigué du tout, c’est facile pour lui. Pourtant, il adore et me raconte tout dans les moindres détails.

Simon au retour du cours.

Florence a elle aussi changer les deux élèves plus faibles de niveau car ils ont trop de mal à suivre le groupe. Puis, aux autres, elle leur fait descendre les pistes par portion. Les élèves la suivent par intervalles régulier. C'est-à-dire qu’elle leur fait changer d’ordre dans la file qui la suit en rang d’oignons. De cette manière, durant les descentes, elle peut observer les qualités et les défauts les deux trois premiers élèves qui la suivent et les corriger. Pour Simon, elle lui dit d’écarter plus ses skis et de plier plus ses jambes. Ce jour là, il est content d’avoir été corrigé. Hier, il avait peur que ce soit trop facile, mais aujourd’hui, il pense que le cours va être boosté. Il ne demande pas à sa prof pour changer car de toute façon, elle ne lui en parle pas d’elle-même.

Au bas des pistes du Planay.

Bruce annonce à Simon que sa copine a finalement une entorse au genou et ne pourra plus skier du séjour. Plus de peur que de mal, c’est pas de bol, mais vaut mieux ça qu’un tibia en 3 morceaux quand même !

Fontaine dans Arêches.

L’après-midi, Simon retourne seul sur les pistes et s’en donne à cœur joie. Il me raconte la vue imprenable qu’il a depuis le sommet des pistes bleues et rouges. On voit le Mont-Blanc à ce qu’il paraît. Et lorsqu’ils font exploser une avalanche, de là-haut, on entend la neige dévaler sourdement tel le tonnerre sur les autres flancs de la montagne. Grrr… c’est mieux de le lire que de l’entendre en réalité !

  Arêches. Bas des pistes du Grand Mont.

 
Par Virgsim
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Mardi 27 février 2007
Levé du soleil sur Arêches.

Le mardi matin, la neige cesse enfin de tomber. Pourtant, toute la nuit, on a entendu les explosions d’avalanches et les bip-bip des chasses neiges qui ont inlassablement dégagé les routes ou damé les pistes. Cela nous a souvent réveillés. Mais ce matin, le ciel est d’un bleu éclatant. Le soleil chauffe. D’ailleurs, comme il ne fait pas suffisamment froid, la neige fond déjà.

Vues depuis notre chambre.

Photo du prof Charles (sans le savoir) qui arrive au skibus en retard.


Dans la salle à rangements de matériel de l’hôtel, Simon ne retrouve pas ses chaussures. Quant à moi, il me manque un bâton. Le temps de retrouver ce qu’il nous faut, on rate le bus qu’on avait prévu de prendre plus tôt. De nouveau, embouteillage de bus et on arrive en retard au Planay. Pfff, c’est pire que d’aller bosser en métro !

Vue depuis notre chambre du Christiania.

Arrêt du skibus.


Florence la prof de Simon l’a attendu car un élève du cours l’a aperçu dans le dernier bus qu’on a réussi à choper. Par contre, je me retrouve toute seule. Les élèves et Charles sont déjà partis. Je marche en direction de tire-fesses « Les Pauses » et chausse mes skis en me disant qu’ils passeront forcément par ici à un moment ou un autre. Malheureusement, je les vois de loin traverser la piste verte et se diriger vers les télésièges. Je devine aussitôt qu’avec ce temps magnifique, Charles a décidé de les emmener en haut des pistes. Pour les rattraper, je déchausse mes skis et je cours avec mes bottes building en bétons armés de l’autre côté du grand tire-fesses du Tronchet, mais manque de pot, je les ai perdu de vue. Du coup, je me balade une demi-heure en bas des pistes histoire de les apercevoir, mais je ne les reverrai pas de la matinée.


Vues depuis notre chambre. Télésiège du Grand Mont.


Je suis désolée. Je voudrais faire une piste verte toute seule car je sens bien que le temps est idyllique mais je n’ose pas, pour la simple raison que lorsque je tombe, je me sens si engoncée dans mes vêtements et si lourde avec cet équipement de cosmonaute, que je ne sais pas me relever toute seule. Je n’ai pas encore apprivoisé cette abondance de neige sous mes pieds. A défaut de pistes, je me descends quelques cafés à une terrasse ensoleillée. Ca chauffe dur. C’est déjà ça. Heureusement, j’ai mon appareil photo, ce qui me permet de m’amuser et aussi et surtout, d’observer les skieurs, leur posture sur les pistes. J’essaie de comprendre et de mémoriser. Et je me demande quel peut bien être la vie des gens d’ici avec ces saisons éphémères de sports d’hiver.

Bas des pistes du Planay.

Le toit du monde...

La Terrasse, bar-resto face aux pistes.


A travers la vitre...


Simon revient de son cours heureux comme tout, mais une fois de plus, il n’a pas demandé à sa prof pour changer de niveau. Il aime bien l’ambiance que génère sa prof et les élèves, il s’entend bien avec eux, et après tout, c’est agréable comme reprise, se dit-il. Avec ce grand beau, Florence les emmène par la petite piste qui relie Le Planay à Arêches. Arrivés à Arêches, ils prennent le télésiège du Grand Mont qui les amènent tout en haut du domaine. Le soleil et le ciel azur leur permettent d’admirer le Mont-Blanc et toute la vallée enneigée. Le groupe de Simon prend et reprend téléskis et télésièges afin d’arriver au sommet des sommets, bref pour toucher les étoiles en plein jour ! A force, ils finissent presque par se perdre, mais Florence connaît les montagnes comme sa poche. Les quelques descentes de pistes rouges qu’ils entreprennent sont sympas. Mais ils finissent principalement par des bleues. Simon s’ennuie un peu.

Le Planay.
Hors piste.

L’après-midi, on se dirige en bus vers Beaufort. 14h00 à l’office de tourisme, c’est le point de RDV que nous a donné Catherine, la guide de la balade en raquettes. De là, on monte avec elle en voiture jusqu’au domaine des Saisies et l’on rejoint d’autres participants à la rando. On se chausse à une dizaine de personnes, on apprend les bases de la marche en raquettes. C’est assez simple finalement. Il suffit de faire régulièrement un peu de marche et voilà que c’est parti ! 


Balade en raquettes.

C’est vraiment moins casse-gueule que le ski !

Dommage, le soleil se cache et le ciel a recouvert son manteau blanc bien épais comme il faut. Catherine trace le chemin dans le mètre de neige sur lequel nous déambulons à la queue leuleu sur le flan de la montagne. Nous nous dirigeons vers la forêt des Saisies, en contre bas des pistes, juste au-dessus d’un hameau V.V.F. Elle nous parle de l’histoire de la région, des cabanes de bois qui parsèment encore les montagnes et dont les parcelles sur lesquelles elles sont érigées doivent être rachetées si on souhaite les sauvegarder. On avance dans l’immensité blanche et silencieuse de la montagne. C’est véritablement de la ouate. On se sent petit comme un lutin sur un nuage. Elle nous raconte la légende des loups, 50 existeraient encore en France contre 500 en Italie ou en Espagne. Seul le chien Patou est capable de faire face à cet animal meurtrier pour sauver un troupeau de brebis alors que les bergers des Alpes françaises ont tous des chiens inappropriés qui ne servent à rien selon Catherine.


Entrée dans la forêt des Saisies.

« Et ce seront les premiers à venir pleurer auprès de l’Etat lorsqu’un loup aura dévasté leur troupeau alors qu’ils savent bien qu’ils leur faut un chien Patou ! Ils sont têtus les bergers savoyards, ils ne nous croient pas !».

Pour ceux qui connaissent « Belle et Sébastien », le Patou est le chien de cette fameuse série télé.

Catherine nous apprend à repérer le cuicui de la mésange noire qui fait « Piiitié », ou de la corneille noire qui se réfugie sur le haut des érables ou des chênes déneigés de la forêt d’épicéas.

La guide Catherine nous parle des arbustes et sapins enneigés.


Nous nous régalons de cette balade tranquille. À un moment, je m’y prends mal pour poser ma raquette sur les traces du mec de devant et je m’enfonce dans la neige jusqu’en haut du genou. Je pose ma main sur le côté pour prendre appui et me relever, mais mon bras s’enfonce d’autant. Cela fait sable mouvant et c’est un peu flippant sur le coup. Je pose mes bâtons sur le côté et prends appui sur la neige aplatie des traces de pas de mon voisin de devant et le remonte comme sur un muret. Puis, je reprends mon chemin. Nous serons deux à s’être enfoncées ainsi, et cela semble visiblement banal et pas dangereux du tout.


Forêt des Saisies.

Une femme du groupe veut absolument tracer la neige avec ses raquettes. Elle s’écarte sans cesse de la file et écrabouille la neige comme une folle. Catherine BOUCHUT est têtue. Quand elle a dit « on trace une ligne », on trace une ligne madame.


Simon et Virginie en raquettes.

« Vous zêt’ pas toutes seule à vous promener ici madame quoi bon enfin bon ! Pensez aussi aux peintres et aux photographes qui vont passer après vous et qui vont voir une étendue de neige dévastée au lieu d’un chemin tracé en courbe dans cette immensité là !  Ce que vous faites ça s’appelle de la pollution visuelle ! Oui, oui ! Ca existe aussi la pollution visuelle ! Y’a pas de raisons que les gens qui vivent dans tous ces petits chalets là et qui aiment la neige immaculée ait à supporter vos pas ! Imaginez qu’il ne neige plus avant 3 semaines ! ».


Cathrine BOUCHUT, notre guide écolo.

Mais la dame, muette comme une carpe et bornée, reprend de plus belle. Bras de fer entre Catherine et elle. La dame finit par se mettre dans le rang.

Nous nous baladons dans la forêt enneigée. Observons les sapins, les pousses du printemps. Nous terminons l’après-midi de balade en raquettes sous une nouvelle chute de neige. La nuit commence à tomber lorsque nous regagnons la voiture et redescendons sur Beaufort. Nous chopons l’un des derniers bus pour Arêches. On se rend chez Gaspard Ski Set pour rencontrer Nicolas, guide de rando en montagne. Simon devait faire une rando en ski demain mais la balade est annulée à cause des mauvaises conditions météorologiques.


Les petits sapins plient sous la neige. Mais la neige les protège du gel.

Personnage de Tim Burton.

Heureusement que je n’ai pas fait de cours ce matin car cette balade m’a bien fatiguée. Simon est content d’être enfin épuisé. Le soir, on se régale d’une bonne raclette traditionnelle de montagne. L’ambiance de notre hôtel est très familiale et conviviale. On s’y sent comme chez soi. Ce soir, on dine à la table d’à côté d’un papa et de son petit garçon de 8 ans. On échange deux trois mots. Le gamin est rigolo comme tout.


La forêt des Saisies.

Par Virgsim
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